Sport et préjugés !

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Sport et préjugés !
sensibilisation aux incivilités dans le sport
Témoignage de Karim Tassa, Coordinateur du Conseil général des jeunes, au Conseil général du Tarn.

Affiche Jouer sans préjuger

Affiche Jouer sans préjuger

Une campagne d’affichage autour des valeurs du sport a été réalisée par les Conseillers généraux jeunes du Tarn : « Jouer sans préjuger ».

Objectif : éradiquer les incivilités dans le sport et sensibiliser les collégiens aux problématiques rencontrées dans le sport (racisme, mixité, préjugés filles-garçons, fair-play et le dopage).

Pouvez-vous présenter le Conseil général des jeunes du Tarn ?

Le Conseil général des jeunes du Tarn est un espace de promotion de la citoyenneté et du débat démocratique auprès des collégiens tarnais.

Concrètement, le CGJ est une Assemblée représentative des collégiens tarnais composée de 41 membres. Il s’agit d’élèves de 5ème, élus par leurs pairs pour un mandat de 2 ans. Ils représentent les 41 collèges publics et privés du Tarn. Tout comme leurs aînés, ces jeunes citoyens engagés travaillent en commissions thématiques et élaborent des projets profitables à tous les collégiens du Tarn. Ils siègent généralement au rythme d’une rencontre mensuelle le mercredi à l’Hôtel du Département.

En 20 ans d’existence, le CGJ a vu 10 mandats successifs s’atteler à la tâche, soit plus de 400 jeunes élus. Plusieurs de leurs initiatives sont aujourd’hui inscrites dans les politiques départementales…

Pour en savoir plus sur le Conseil général des jeunes du Tarn : http://www.tarn.fr/index.php?id=195

Comment est née l’idée de ce projet de lutte contre les incivilités dans le sport ?
Comme tous les projets du CGJ, la campagne d’affichage « Jouer Sans Préjuger » est née des attentes individuelles et collectives émises par les jeunes. Parmi les différentes idées retenues par le mandat 2008/2010, la jeune Assemblée a souhaité sensibiliser les collégiens à la lutte contre la discrimination dans le sport, les préjugés filles-garçons, la banalisation du dopage et des incivilités,…
Qu’est-ce qui a motivé ces jeunes à sensibiliser les autres jeunes aux problèmes des incivilités dans le sport ?
Les jeunes élus ont voulu représenter comme il se doit leurs camardes en traitant des questions de société qui les touchent particulièrement dans leur quotidien, comme c’est le cas pour les problèmes liés à la pratique sportive rencontrés dans la vie quotidienne, notamment pendant les cours d’EPS dans les établissements scolaires.
Comment les jeunes se sont-ils impliqués ?
Afin d’élaborer ce projet, la jeune Assemblée a constitué un groupe de travail intitulé « Sport et fair-play ». L’implication des 7 membres de la commission a été capitale. Ils ont, en effet, pris le projet à bras-le-corps et ont dû se montrer perspicaces pour convaincre les différents partenaires. Je fais remarquer que ce groupe était composé uniquement de garçons et qu’une des revendications concernant notamment la lutte contre les préjugés filles-garçons, leur tenait particulièrement à cœur. Ils ont d’ailleurs fortement affirmé cette revendication devant les 300 congressistes représentants le sport olympique français lors du Congrès des Comités Olympiques et Sportifs Régionaux, Départementaux et Territoriaux (CROS, CDOS et CTOS) tenu en octobre 2009, à Cap’ Découverte dans le Tarn.
Comment ce projet a-t-il été mis en place ?
Pour élaborer ce projet, la commission a consulté des responsables de l’UNSS du Tarn (Union Nationale du Sport Scolaire) et du Conseil des sages du sport tarnais. La commission a ensuite proposé de concevoir, avec l’aide d’un dessinateur professionnel, un panneau de sensibilisation rigide intitulé « Jouer Sans Préjuger ». L’objectif était d’afficher ce panneau de manière permanente dans les installations sportives des 41 collèges du Tarn. Chaque établissement étant doté de 2 panneaux, un pour les vestiaires des filles et l’autre pour celui des garçons.

Après avoir présenté l’action envisagée aux Conseillers jeunes et aux élus adultes, puis obtenu l’approbation des deux Assemblées, les 7 jeunes ont travaillé avec leurs partenaires cités ci-dessus, à l’élaboration du visuel et des slogans qu’ils souhaitaient communiquer.

Quelle est la portée de cette campagne d’affichage ?

Les jeunes, à travers cette campagne d’affichage ont, sans conteste, atteint leur but initial, à savoir toucher les 17 000 collégiens tarnais. Cette incitative a été très bien accueillie par le mouvement sportif départemental et un panneau a été installé de façon permanente à la Maison des Comités Départementaux Sportifs.

Au-delà de l’impact au niveau local, cette action a été reconnue nationalement à travers la 1ère Edition des Prix Anacej des jeunes citoyens, organisés par l’Association Nationale des Conseils d’Enfants et de Jeunes. Le projet des jeunes tarnais a été particulièrement remarqué par les membres du jury dans la catégorie « Conseil généraux jeunes ». Un carnet présentant les 7 lauréats et les actions remarquées par le jury a été édité, dans le but de montrer que, partout en France, les jeunes agissent, participent aux actions locales, créent des projets d’utilité publique et font bouger les choses.

Cette expérience a aussi beaucoup apporté aux jeunes ayant travaillé sur ce projet. L’aboutissement de l’action et les retours favorables qu’ils ont recueillis contribuent indéniablement à la valorisation de chacun d’entre eux. Le débat d’idées, la recherche du consensus, la prise de parole en public…, sont autant d’expériences emmagasinées pour leur vie future. Ils ont également touché du doigt le fait qu’ensemble on est beaucoup plus forts et plus efficaces.

Quels sont les facteurs qui ont contribués à la réussite de ce projet ?
Le soutien des adultes (élus, animateurs, chefs d’établissement, partenaires institutionnels, associations,…) est un facteur essentiel à la réussite de ce projet. Cette adhésion totale n’aurait pu avoir lieu sans l’engagement complet des jeunes eux-mêmes. Ces jeunes ont pris la complète mesure de leur engagement et ont participé activement à toutes les étapes du projet et surtout ils ont su trouver les mots pour convaincre les partenaires de la pertinence de cette campagne d’affichage. Ils peuvent être fiers de ce qu’ils ont accompli et par-dessus tout d’avoir démontré que la jeunesse a pleinement sa place dans la vie locale, à condition de lui faire confiance et de lui donner les moyens de s’exprimer et d’agir.
Quelles ont été les difficultés rencontrées dans la mise en place de ce projet ?

La principale difficulté est liée au manque de temps alloué à l’élaboration d’un tel projet. Considérant que les Conseillers jeunes viennent des quatre coins du département, il est matériellement impossible de les réunir au-delà d’une rencontre mensuelle, soit au maximum de 16 rencontres sur les deux années de mandat. Sachant, par ailleurs, que la première partie du mandat reste essentiellement dévouée à l’information et la formation des jeunes élus, une étape très importante pour le groupe en vue de travailler ensemble et de concevoir des projets collectifs. De ce fait, la phase de l’action ne débute pas avant la seconde année d’exercice.

Il arrive donc parfois que des projets menés au cours d’un mandat n’aboutissent qu’après le renouvellement de la jeune Assemblée. Tel a été le cas concernant ce projet, mais au final la transmission de témoin entre les prédécesseurs et leurs successeurs a très bien fonctionné et fait de ce projet une totale réussite, avec un impact réel sur le territoire local.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un souhaitant mettre en place ce type de projet ?
Faire participer les jeunes à la vie locale, leur donner la possibilité de s’exprimer et d’agir en réalisant des projets d’utilité publique sont forcement de bonnes choses, mais sous réserve de se donner les moyens nécessaires.

Il est primordial de maintenir la conviction du bien fondé d’une telle démarche, de faire en sorte que le travail et la participation des jeunes soient reconnus et soutenus par tous les acteurs du territoire en question. Il s’agit d’éviter au Conseil de se retrouver isolé, d’où l’intérêt d’associer tous les acteurs (élus adultes, principaux des collèges, jeunes électeurs, partenaires…). Par conséquent, il ne faut surtout pas hésiter à communiquer le plus largement possible. La reconnaissance des projets émanant des jeunes, passe indéniablement par le partage de l’information.

Quelles sont les poursuites du projet ?
La commission "Génération sport et fair-play" (mandat CGJ 2010-2012) a décidé de poursuivre l'action de leurs prédécesseurs en organisant en partenariat avec l'UNSS du Tarn une journée sportive départementale autour du fair-play. Le projet devrait se concrétiser au printemps 2012.

L'année 2012 sera marquée par l'anniversaire des 20 ans du CGJ. Un rassemblement national se tiendra à l'occasion du week-end de l'Ascension, du 17 au 19 mai 2012 à Cap Découverte.

Merci pour cet article

Merci pour cet article, c'est toujours agréable de suivre l'évolution positive d'une société.

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