Magazine 100% junior

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Magazine 100% junior
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Témoignage de Ludovic Tellier, directeur de l’école Jean Jaurès et maître des CE2, participant au projet « Magazine 100% Junior ».
Ludovic Tellier
Ludovic Tellier

L’association Aide et Action a proposé aux élèves de l’école Jean Jaurès de réaliser un magazine complet pour la rentrée 2010.

Depuis septembre 2009, enfants et enseignants sont totalement investis dans ce projet.

Rencontre avec Ludovic Tellier, directeur de l’école et maître des CE2.

Qu’est-ce qui vous a incité à participer au projet “Magazine 100% junior”?

Plus que d’une participation, je préfère parler de partenariat.

Cela fait maintenant quatre ans que nous travaillons avec l’ONG « Aide et Action » pour la rédaction de notre projet d’école. A l’issue de la première année de collaboration, nous avions, avec l’aide de parents d’élèves, de représentants de la ville et du tissu associatif local, dégagé deux grands axes en plus des axes pédagogiques classiques ; il s’agit de la « communication » et de la « participation active des élèves à leur scolarité et à la vie de leur école ».

C’est pourquoi, depuis trois ans, plusieurs actions ont été menées dans ce sens (une journée multiculturelle par an, la mise en place d’un conseil d’élève autonome, responsabilités d’école, etc.).

Lorsqu’en septembre 2009 Aide et Action nous a proposé que nos élèves soient les rédacteurs du « magazine 100% junior » de septembre 2010, toute l’équipe enseignante a adhéré à ce projet ambitieux qui portait en lui les axes et les valeurs de notre projet d’école.

Quels étaient vos objectifs ?

En premier lieu, nous souhaitions que tous les élèves de l’école (200 élèves répartis sur les cinq niveaux de l’élémentaire) participent au projet.

Nos objectifs pédagogiques reprenaient ceux dégagés dans les axes du projet d’école. L’idée était, au moins pour le français, de ne pas créer du travail en plus (ni pour les élèves, ni pour les enseignants), mais d’utiliser le magazine et ses contraintes pour travailler avec les élèves.

Enfin, nous pensions, et ce fut le cas, que ce genre de projet serait une belle façon de communiquer sur ce que font nos élèves à l’école et de valoriser leur travail.

Comment avez-vous préparé le projet ?

Nous avons fait plusieurs réunions entre adultes afin de réfléchir aux modalités de réalisation de ce projet.

La première eut lieu dès la pré-rentrée car il fallait que la totalité de l’équipe enseignante y adhère (Notre hiérarchie ayant rapidement donné son feu vert).

Ensuite, il y a eu d’autres rencontres notamment pour trouver des solutions aux difficultés matérielles.

Par exemple, nous avons tout de suite pensé à l’opportunité d’utiliser internet, avec la mise en place d’un site d’école, mais nous n’avions que très peu d’ordinateurs dans les classes et aucun n’était relié à la toile. Aide et action nous a donc fourni des ordinateurs, notre spécialiste Tice de l’inspection a œuvré avec eux à leur installation et en a profité pour former certains d’entre nous, et la mairie nous a fourni des boîtiers CPL pour que les élèves puissent travailler en ligne. Là encore, nous voyons l’importance de la coopération autour de ce genre de projet. C’est également ce qui nous intéressé avec la rédaction du magazine : ouvrir l’horizon de l’école à d’autres partenaires, ceci dans l’objectif de voir tous nos élèves réussir.

Comment avez-vous construit le projet avec les enfants ? Quels sont les exercices qui ont permis de les y préparer ?

Encore une fois, nous voulions que tous les élèves de l’école, du CP au CM2 participent à la rédaction de ce magazine.

Ainsi, dès le début de l’année, nous avons, dans les neuf classes de l’école, abordé le vocabulaire spécifique du monde du journalisme afin que nous puissions échanger avec un lexique commun. Aide et Action nous y a aidé en menant des animations dans les classes.

La seconde phase consista en la nomination des rédacteurs en chef du magazine. Nous voulions que chaque classe soie représentée au comité de rédaction. Ils ont donc été élus, désignés ou bien encore tirés au sort.

Ensuite nous avons réalisé un mini magazine d’entraînement. Chaque classe a pu rédiger un article et une interview sur le thème de son choix.

Enfin, dès novembre, le véritable travail de rédaction du magazine a débuté avec une réunion mensuelle du comité de rédaction d’enfants (le mardi midi) et l’écriture des articles ou interviews dans les classes.

Quels apprentissages sont liés à ce projet ?

Bien évidemment, à travers la rédaction d’un magazine, nous travaillons en classe le français, que ce soit en rédaction ou bien à l’oral. Nous avons particulièrement insisté sur le vocabulaire, les types d’écrits (reconnaissance et réalisation), et l’ensemble des domaines de la maîtrise de la langue.

Nous avons également abordé les compétences liées au brevet informatique et internet.

Enfin, le thème du dossier central (l’éducation à l’environnement) nous a permis d’aborder dans chaque classe les points du programme de sciences. Je tiens à préciser que les trois classes de CM ont mené en parallèle un projet « Développement Durable » en partenariat avec « l’association La Case ». Ce projet, subventionné par le Conseil Général a d’ailleurs été primé récemment.

Comment les enfants sont-ils impliqués ?

Le premier outil d’implication des enfants est bien entendu le comité de rédaction composé des neufs élèves représentant les cinq niveaux scolaires. Ces élèves ont pour mission non seulement de participer au pilotage de l’action, mais surtout de faire le lien avec l’ensemble des élèves de l’école.

Un affichage a été créé dans le couloir où tous les élèves montent en classe le matin et en début d’après-midi afin de les informer sur les objectifs de réalisation (mois par mois) du magazine.

Enfin, les écrits des élèves sont mis en ligne sur le site de l’école dans la rubrique « 100% junior ». Cela doit permettre à tout le monde d’avoir une vision globale du magazine.

Dès l’année prochaine, nous souhaitons impliquer d’avantage les élèves en rendant le comité de rédaction plus autonome (par exemple en faisant participer d’avantage les enfants à la préparation de l’ordre du jour) et améliorer la communication vers les autres élèves, notamment en créant un outil individuel pour chaque élève et en développant la pratique de l’informatique. Le recours au ministère de la communication (un des ministères du conseil d’élèves de l’école) semble être une piste à développer.

Quels sont selon vous les points clés qui ont contribué à la réussite du projet ?

Selon moi, ce projet n’aurait pas pu se faire sans l’adhésion totale de l’équipe enseignante. Leur disponibilité, leur vision commune de la pédagogie et de l’élève, ainsi que leur intérêt envers ce type de projet étaient les conditions sine qua non à sa réussite.

Chacune des enseignantes de l’école a beaucoup donné, que ce soit en tant que référente au projet magazine (Lola Perez et Corinne Robillot), référente pour le site internet (Céline Binzenbach et Jeanne Froidurot) ou bien à travers d’autres actions tout au long de l’année scolaire (Lucie Bennasr, Laurence Legue, Audrey Guiounet, Marjolaine Jules-Clément et Murielle Barrailler). Je leur tire à toutes un grand coup de chapeau et les remercie encore pour leur implication et leur professionnalisme.

Il faut bien entendu souligner l’importance du partenariat avec Aide et Action, et particulièrement le dévouement de Tristan Sicard et Vanessa Martin qui, tout au long de l’année, ont porté avec nous ce projet.

Enfin, je ne veux surtout pas oublier les élèves de l’école qui, dans leur grande majorité, ont rempli parfaitement leur rôle de rédacteur.

Quels en sont les freins éventuels?

Le frein principal est le manque de temps.

Nous manquons indubitablement de temps, notamment pour communiquer et donc piloter le projet entre enseignants, mais surtout pour évaluer plus finement l’action.

L’autre frein éventuel est lié au fait que c’était la première année que nous menions ce projet, et nous avons donc du réajuster au fur et à mesure certains paramètres, ce qui n’a pas aidé à la lisibilité totale de l’avancement de la rédaction auprès des élèves. L’année prochaine, nous aurons plus d’expérience et ce frein devrait disparaître.

Rencontre avec Ludovic Tellier, directeur de l’école et maître des CE2.

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