Les heures de vie de classe

Télécharger le témoignage
Les heures de vie de classe
Clé de voûte de la classe
Témoignage de Nadia Garcin, enseignante à l’école Emile Zola de Villiers-le-bel
Nadia Garcin
Nadia Garcin
Le conseil de régulation est l’institution essentielle et centrale de la classe. C’est un lieu de décisions, de régulation des conflits, d'élaboration des règles de vie, de reconnaissance des progrès (apprentissages et comportements), d'organisation des projets collectifs et des prises de responsabilités, rôles, fonctions et métiers.


Il arrive pendant la semaine que la maîtresse s’occupe plus de certains élèves, d’un groupe en particulier. Cela créé des jalousies, des incompréhensions, il faut percer ce type d’abcès pour avancer. Ce moment de régulation est aussi le moment de libérer des impressions qui dérangent et la possibilité à l’enseignant d’expliquer ce qu’il fait.
Qu’est-ce qui vous a poussé à mettre en place un conseil de régulation dans votre classe ?
Dans toutes les classes les enfants ont à se plaindre des autres et ont à exprimer des mécontentements (envers leurs camarades ou envers l’enseignant…). Il a donc semblé (comme pour le « quoi de neuf ? ») indispensable de laisser un moment inscrit dans l’emploi du temps pour que les enfants puissent s’exprimer.
Quels étaient vos objectifs ?
Que les élèves sentent un espace pour oser dire ce qui ne va pas. Ils passent 6 heures en classe et cet espace est le leur. A eux de l’améliorer, de le rendre agréable, de faire que tout fonctionne au mieux pour avancer. Il s’agit d’éviter les petites délations qui ne servent à rien, de préférer des explications honnêtes sans animosité pour faire avancer la classe et non pour faire punir.
Comment avez-vous présenté le projet aux enfants ?
Il est assez long d’instaurer un climat de confiance, ce qui sera dit au conseil ne doit pas ensuite être sujet à règlement de comptes en dehors de l’école. Il faut rassurer, faire en sorte que ces moments soient vécus comme des moments de régulation et non de délation, que tout le monde puisse avoir la parole. Même au début l’adulte ne doit pas amener de réponse mais relancer pour que les élèves puissent les proposer. Mais l’adulte est et reste le garant du bon déroulement et des suites.


Au fil des séances, les besoins se sont fait sentir, les enfants ont appris à prendre et donner la parole, à aller chercher ceux qui parlaient peu ou pas. Ceux-là ont pris confiance en eux, puisqu’ils étaient sollicités par leurs pairs.


Ils ont senti le besoin de ne pas que « râler » et gérer les conflits mais aussi d’aménager la classe pour la rendre plus agréable, de s’entraider (propositions faites par eux d’avoir des tuteurs). De nouvelles responsabilités sont nées. De nouvelles entraides et coopérations se sont mises en place.
Quels apprentissages sont liés à ce projet ?
L’évaluation se fait hors des séances. Elle prend en compte les progrès de chacun : prise de parole, vocabulaire employé, attitude, écoute, envie de participer… Entre la première séance (où tout était difficile, mal géré, les extravertis trop présents, les introvertis plus renfermés que jamais dans ce moment…) et la 10ème séance par exemple où l’on peut noter des différences importantes. A la 10ème séance dans le groupe chacun peut et veut prendre la parole : « chacun compte pour un » même l’enseignante.
Quels sont les points clés qui contribuent à la réussite du projet ?
Les résultats constatés par les élèves sont pour beaucoup dans la réussite du projet. Le fait que leurs paroles soient entendues, qu’ils aient un temps pour répondre à leurs inquiétudes, leurs besoins. Qu’ils sentent que c’est sérieux et utile, (c’est même inscrit sur l’emploi du temps !)
Quels sont les freins éventuels ?
Il faut que l’ensemble de l’équipe éducative soit convaincu du bien fondé, de l’utilité et entre aussi dans ce processus. Il semble indispensable que toute l’école soit en heure de régulation en même temps ainsi, si un problème ou une proposition est à faire avec un autre élève ou une autre classe personne ne dérange la classe du collègue en allant faire sa proposition.
Considérez-vous que les objectifs fixés aient été atteints ?
Beaucoup d’objectifs sont remplis (sans doute avec une certaine fragilité) les élèves s’écoutent, se disputent moins, les plus « difficiles » craignent doucement ce moment de régulation, ils n’aiment pas trop passer devant leurs pairs dans un moment calme qui n’est pas conflictuel. Les arguments sont de plus en plus affinés, les élèves ne s’expriment plus dans la classe en s’injuriant ou en criant.
Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un souhaitant monter ce type de projet ?
Être très patient, les résultats et la qualité sont longs à venir, c’est un apprentissage difficile et très « discret » mais avec le temps et la reconnaissance de ce projet les résultats sont importants. Se dire que l’on plante une graine pour plus tard, que ça fera écho !

Critères de succès d'un conseil de régulation

Bonjour, J'ai longtemps travaillé dans un collège où des actions similaires ont été menées, les principaux critères de succès sont d'abord l'écoute et ensuite le débat. Le problème est que la plupart du temps, on commence par la deuxième étape et on oriente le débat de manière à retomber sur des décisions "prises d'avance". Pour qu'une telle action réussisse au niveau d'une classe, ou d'un collège, il faut d'abord de l'écoute, ce qu'on pourrait appeler les états généraux, ensuite débattre des propos recueillis. Ça n'est jamais simple mais sans cette chronologie des étapes on ne peut pas prétendre réussir. Marion

Poster un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ ne sera pas montré publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
  • Allowed HTML tags: <a> <i><em> <strong> <cite> <code> <br />

Plus d'informations sur les options de formatage