L’éclairage de nuit : campagne de sensibilisation

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L’éclairage de nuit : campagne de sensibilisation
« Une enseigne qui s’éteint, c’est une étoile qui s’allume »
Témoignage de Séverine Jublot, animatrice au Conseil Municipal des Jeunes de Saint-Lys.
Campagne de sensiblisation à l'éclairage de nuit par le CMJ de Saint-Lys
Campagne de sensiblisation à l'éclairage de nuit par le CMJ de Saint-Lys

« Une enseigne qui s’éteint, c’est une étoile qui s’allume » est un projet réalisé par le Conseil Municipal des Jeunes de Saint-Lys pour inciter les habitants de la ville à changer leurs usages, à préserver l’environnement, en limitant les éclairages inutiles, notamment les éclairages de nuit.

Projet mené de janvier à mai 2011.

Comment est née l’idée de cette campagne de sensibilisation de protection de l’environnement ?
Les éclairages des enseignes commerciales la nuit polluent notre environnement. Le Conseil Municipal des Jeunes a remarqué que certaines collectivités ont su adopter un nouveau mode d’éclairage avec de nouveaux moyens d’utilisation. Quelques commerçants avaient éteint leur enseigne le soir et avaient constaté qu’ils consommaient moins d’électricité. Nous avons donc voulu impliquer les commerçants de notre ville dans une démarche participative environnementale, en les incitant à réduire le nombre d'enseignes allumées la nuit.
Comment les jeunes se sont-ils impliqués dans le projet ? Ont-ils impliqué des personnes extérieures au projet ?

Pour mener à bien leur projet, les jeunes ont commencé par réaliser un flyer à distribuer dans les commerces. Ils ont ensuite créé des autocollants qu’ils ont distribués aux commerçants qui s’engageaient à éteindre leur enseigne la nuit. Pour finir, les jeunes du CMJ ont organisé une cérémonie de remise de prix pour récompenser les commerçants ayant contribué à cette démarche.

Nous n’avons pas fait appel à des partenaires extérieurs pour ce projet mais quelques parents des jeunes du CMJ se sont impliqués en faisant des « patrouilles » de reconnaissance avec leurs enfants. Ces « patrouilles » ont été faites avant et après la campagne de sensibilisation, pour voir quels commerces éteignaient leurs enseignes.
L’une des mamans est correspondante pour La Dépêche du Midi, elle a donc également rédigé quelques articles pour valoriser le projet des jeunes et favoriser la diffusion de leur message de sensibilisation.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans la mise en place du projet ?

Le projet est une réussite pour nous car les jeunes sont allés au bout de la démarche qu’ils ont voulu mettre en place. Nous avons cependant rencontré quelques difficultés.

Les commerçants étaient absents de la cérémonie de récompense organisée par les jeunes à la Mairie. Il a donc fallu aller les rencontrer individuellement pour leur distribuer l’autocollant à disposer sur leur vitrine, et ainsi boucler le projet. Cela montre, je pense, un manque de prise au sérieux de la part des commerçants vis-à-vis du projet des jeunes et de la cause qu’ils ont voulu défendre.

D’autre part, nous avons constaté que la plupart des enseignes éteintes dans la commune sont celles qui l’étaient déjà avant le projet, pour des raisons plus économiques qu’écologiques selon les commerçants. Les éventuels changements de comportement des habitants de Saint Lys n’ont donc pas pu être bien évalués.

Quand il s’agit d’un projet de sensibilisation, les méthodes d’évaluation sont d’ailleurs complexes. On aurait pu faire un comptage du nombre d’espèces avant et après un projet si on avait décidé de sauver les hérissons par exemple, mais nous n’avons pas trouvé de moyen d’évaluation pertinent pour savoir si la population avait été sensible aux messages lancés par les jeunes.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaiteraient mettre en place un tel projet ?

Selon moi, pour mener à bien un projet comme le nôtre, il faut :
● s’appuyer sur des associations locales, voire même de portée nationale, pour médiatiser plus largement la démarche,
● ancrer plus longuement le projet dans le temps (sur plusieurs années avec des visites régulières chez les commerçants),
● évaluer le prix que coûte l’éclairage de nuit à un magasin et tenter de faire une étude sur l’impact de la pollution lumineuse sur la commune (pourquoi pas par exemple réaliser des statistiques sur la santé, les troubles du sommeil, sur la faune et la flore locales),
● faire des projections-débats sur le thème etc., pour avoir plus de portée sur les habitants.

Mais toutes ces actions prennent énormément de temps et d’argent, le CMJ d’une petite commune ne peut pas porter un projet d’une telle envergure à moins que ce ne soit le seul de l’année. L’objectif premier pour nous était avant tout pédagogique et basé sur un apprentissage de l’engagement citoyen plus que sur des résultats imminents concernant le changement des usages des commerçants. Il était donc important pour nous de permettre aux jeunes de s’investir dans un projet de sensibilisation écologique.

Je crois aussi que peu de gens sont, pour l’instant, prêts à changer leur comportement écologique ; des milliers de projets de ce type ont donc encore besoin d’être menés. Il faudrait semer beaucoup plus de graines pour pouvoir évaluer les récoltes. Pour cela, il faut que les jeunes ne se découragent pas et continuent de se mobiliser… Même s’il est difficile de travailler sur du long terme avec des collégiens, la démarche vaut le coup d’être tentée.

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