Apprendre Ensemble par la Coopération Et les Médias (AECEM)

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Apprendre Ensemble par la Coopération Et les Médias (AECEM)
Témoignage de Mahfou Diouf, responsable du service Mission éducative à Aide et Action France / Europe.
Mahfou Diouf
Mahfou Diouf

Le projet Apprendre Ensemble par la Coopération Et les Médias (AECEM) s’appuie sur les Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignement (TICE) afin d’établir des relations de coopération et d’apprentissage entre les enfants d’écoles françaises et sénégalaises, ainsi qu’entre les enseignants.

Projet mené depuis 2012.

Qu’est- ce qui vous a amené à mettre en place ce projet ?

Ce projet est l'aboutissement d'un partenariat initié depuis 2007 entre Aide et Action, l’Association Sénégalaise de l’Ecole Moderne (ASEM) et l’Education nationale française et sénégalaise. Plusieurs initiatives ont été développées dans les deux pays. Des démarches ont permis aux enfants de se retrouver dans une dynamique d'exercice effective de responsabilités dans leurs processus d'apprentissage et dans la réalisation de leur citoyenneté tant à l'école que dans la cité. Ces échanges ont également permis la découverte et le partage des pratiques d’enseignement dans les deux pays en faveur d’une éducation de qualité, plus solidaire et ouverte au monde.

En 2011, Aide et Action a accompagné trois écoles primaires sénégalaises (à Mbour, Kolda, Dagana) et trois écoles françaises de la région Île-de-France (à Montmagny, Villiers-le-Bel, Saint-Ouen l’Aumône) dans un travail de capitalisation des pratiques pédagogiques permettant une plus grande autonomie de l’enfant aussi bien dans son processus d’apprentissage que dans ses rapports avec la société et la gestion de l’école. Un guide méthodologique a été produit suite à ce travail : http://www.citoyendedemain.net/pratiques/demarche-dimplication-enfants

En 2012, le projet Apprendre Ensemble par la Coopération et les Médias (AECEM) a été lancé dans une phase d’expérimentation. C’est à travers les apprentissages que les enfants et les enseignants coopèrent et s’enrichissent mutuellement. Les nouvelles technologies servent ici de support d’échange et de création. Les enfants partagent et diffusent leurs productions écrites, audio, vidéo et photo à travers un site web créé par le Centre régional de documentation pédagogique (CRDP) du Val d’Oise : http://www.aecem.ac-versailles.fr/

Quels sont vos objectifs ?

Ce projet cherche à impulser et à accompagner la mise en place d’actions pédagogiques solidaires centrées sur les médias.

D’une part, il s’agit d’investir dans les nouvelles technologies pour donner une place plus active à l’enfant dans ses apprentissages et le sensibiliser aux enjeux de la coopération entre les personnes et les sociétés.

D’autre part, le projet veut favoriser le renforcement de compétences de la communauté éducative et la mutualisation des savoirs entre les enseignants de deux pays.

Quelles sont les écoles impliquées dans le projet ?

L’école Diamaguène 2 est située dans une zone périphérique de la ville de Mbour du Sénégal. L’école compte 12 enseignants et près de 1500 élèves. Depuis 2004, les enfants, avec l’appui d’un enseignant tuteur, assument une partie de la gestion de l’école à travers la mise en place d’un gouvernement scolaire.

L’école Célestin Freinet se trouve à Dagana, commune de la région de Saint-Louis, sur la rive nord du fleuve Sénégal. En 2012, elle accueillait 530 enfants (maternelle et élémentaire). Renommée pour son architecture et ses innovations, l’école applique les méthodes Freinet.

L’école Jean Baptiste Clément se situe dans la ville de Montmagny dans le département du Val d’Oise, banlieue parisienne. Cette école accueille 150 élèves, de la petite section de maternelle au CM2.

Tous les élèves des écoles sont concernés par le projet.

Comment les enfants se sont-ils impliqués ?
Les enfants produisent eux-mêmes et décident des supports sur lesquels ils souhaitent travailler : audio, vidéo, écrit, image… ainsi que des thématiques à aborder. On valorise le processus de préparation, de recherche, d’exploration et les résultats finaux. Le tâtonnement et l’erreur font partie intégrale du projet comme éléments indispensables à la construction des apprentissages par l’enfant lui-même.
Comment s’organisent les échanges et quels sont les rôles de chacun ?

Un enseignant représentant de chacune des écoles sénégalaises et le référent projet Aide et Action au Sénégal sont venus en mission en France pendant une semaine. Une formation commune sur l’éducation aux médias a alors été organisée.

Les enseignants structurent le contenu pédagogique et la méthodologie de travail. Ils fixent les objectifs d’apprentissage précis selon les programmes nationaux de chaque niveau de classe. Un enseignant représentant de chaque école siège au comité de pilotage du projet et participe activement à l’évaluation du projet dans les ateliers dédiés à cette question.

L’Education nationale (française et sénégalaise) valide le projet et participe à l’évaluation du projet et la capitalisation des outils pédagogiques.

Le Groupe Français d’Education Nouvelle (GFEN) et l’Association Sénégalaise d’Education Moderne (ASEM) sont des ressources pédagogiques, ils appuient l’analyse de pratiques et la production des outils pédagogiques. Ils participent à l’évaluation du projet et la capitalisation des outils pédagogiques.

La Maison de l’Education et de la Formation du Val d’Oise fournit un appui pédagogique, assure la formation des enseignants et l’entretien de la plateforme web.

Aide et Action assure l’interface entre les écoles et facilite les échanges, veille au respect des objectifs et finalités du projet, organise et anime le comité de pilotage, appuie l’animation technique du projet, anime le processus de suivi-évaluation et assure la capitalisation.

Comment s’est déroulé le projet ?

En avril 2012, les enfants ont commencé à réfléchir sur la thématique du « Vivre ensemble ». Ils ont voulu s’inspirer de leur traditions et pratiques pour communiquer un message. Par la suite ils ont commencé à s’initier à l’utilisation des outils numériques : caméscope, appareil photo, dictaphone et ordinateurs. Des séances de réflexion, de discussion et de formation se sont déroulées pendant cette période. Après plus d’un mois d’entrainement les enfants se sont lancés dans la production de supports.

Chaque école a interprété de manière différente le thème du « Vivre ensemble ». L’école Jean Baptiste Clément a voulu partager son fonctionnement et les espaces de participation au sein de l’école. L’école Diamaguène 2 a mis en valeur les traditions et récits ancestraux qui régulent le vivre ensemble dans un pays avec plus de 22 ethnies. L’école Célestin Freinet a mis en avant le milieu ; pour eux vivre ensemble signifie prendre conscience de l’environnement et être en interaction avec ce dernier.

En juin le site web : http://www.aecem.ac-versailles.fr/ a été créé. Pour assurer la pérennité du projet, il est hébergé dans la plateforme de l’Académie de Versailles (Education nationale). Il est donc géré par le Centre Régional de Documentation Pédagogique (CRDP). Si le site nécessite encore d’être enrichi par les équipes pédagogiques, notamment au niveau des outils pédagogiques, des productions des enfants sont déjà disponibles.

Quels apprentissages sont liés à ce projet ?
Ce projet permet des apprentissages réciproques entre les acteurs des deux pays et la construction d’un outil pédagogique solide et cohérent d’éducation aux médias.

Les enfants développent des compétences telles que :
• l’acquisition des techniques nécessaires à l’utilisation des objets et supports numériques (utilisation d’un ordinateur et des logiciels de base, navigation sur le Web et caméscope, appareil photo…) ;
• la maîtrise de la langue orale et écrite de base ;
• l’apprentissage du travail en collectif ;
• l’approche de l’élaboration des projets et l’apprentissage des techniques de recherche sur des thèmes divers ;
• la possibilité de produire des contenus à partir de leur propre expérience d’apprentissage (expliquer comment on a appris quelque chose).

Par ailleurs, ce projet permet aux enfants de développer leur connaissance de la diversité des médias, de leurs finalités, de comprendre leurs spécificités et de découvrir les métiers associés aux médias : journalisme, graphisme, informatique, etc.

Quant aux enseignants, ils ont la possibilité par l’interaction avec les collègues des autres écoles et de l’autre pays de renforcer et enrichir leurs compétences pédagogiques.

Quels sont selon vous les points forts de ce projet ?
Le projet étant en phase d’expérimentation, il est encore trop tôt pour faire une véritable analyse mais on retient d’ores et déjà plusieurs points positifs :
• l’adhésion des élèves et des équipes enseignantes ;
• le soutien des parents ;
• l’implication des acteurs locaux au Sénégal (comme l’Agence de Police) ;
• l’accessibilité des enfants aux outils numériques (démystification du matériel numérique) ;
• la congruence entre les objectifs du projet et les objectifs nationaux d’apprentissage ;
• l’ouverture vers le milieu local et international et la compréhension des enfants des droits à l’image.
Quel(le)s ont été les difficultés/freins rencontré(e)s ?

On a pu observer les limites suivantes :
• des délais de production trop courts pour aborder la multiplicité des apprentissages (langue, médias, technique, etc.) et des compétences (analyser, sélectionner, évaluer, etc.) ;
• un déficit de la formation de l’ensemble des équipes pédagogiques aux outils numériques (réaliser et éditer un film, un enregistrement audio, etc.) ;
• du matériel insuffisant pour le nombre d’effectifs au Sénégal ;
• la nécessité de disposer des bons logiciels pour éditer et transmettre les productions.

Une autre difficulté rencontrée concerne le calendrier scolaire des écoles des deux pays. La période d’examens de juin et la rentrée tardive en octobre à cause des inondations au Sénégal, ainsi que la fréquence des vacances scolaires en France ont un impact sur le rythme du projet. Par exemple, quand les écoles du Sénégal viennent à peine de commencer les cours, les écoles françaises partent en vacances à la Toussaint.

Quelles perspectives pour ce projet ?
Ce projet va se poursuivre en 2013 et un atelier d’évaluation est planifié en mai avec les acteurs du projet afin de faire le bilan de cette première phase d’expérimentation et d’élaborer les prochaines étapes pour un déploiement du projet.

L’objectif est d’intégrer une 4ème école dès 2013. Entre 2014 et 2016 l’idée est de développer le projet en intégrant un plus grand nombre d’établissements scolaires et d’autres régions et pays.

Ce projet prend déjà plus d’ampleur puisque le magazine 100% Junior d’Aide et Action qui existe depuis maintenant 3 ans et qui était élaboré et construit avec une école du Val d’Oise, sera le fruit du travail des 3 écoles concernées par le projet AECEM et prendra donc une dimension internationale.

Liens utiles
D’autres témoignages vidéo :
Fatou Sow, élève responsable de la Commission Presse et Informatique à l’école Célestin-Freinet, de Dagana au Sénégal :

© Aide et Action

Fatou Flour Gueye, enseignante à l’école Diamaguène 2, de Mbour au Sénégal :

© Aide et Action

Djibril Pouye, directeur de l’école Diamaguène 2, de Mbour au Sénégal :

© Aide et Action

Pape Meissa, directeur de l’école Célestin-Freinet, de Dagana au Sénégal :

© Aide et Action

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