cour des comptes

Rien ne va plus... mais il y a des remèdes!

Soumis par: Citoyen de demain
Publié le 20/05/2010 ;

Rapport après rapport, le constat de la difficulté de notre système scolaire à produire de la réussite s’étend. Du Haut Conseil à l’Education en 2007, aux enquêtes PISA, en passant par les rapports de l’OCDE, chacun s’accorde à dire que « rien ne va plus !».

Comment faire pour vaincre l’échec scolaire ou plutôt comment faire pour produire de la réussite scolaire ? Telle est la question. Deux rapports publiés à une semaine d’intervalle tentent d’y répondre.


Le premier est produit par l’Institut Montaigne un « laboratoire d’idées indépendant » fondé en 2000 par Claude Bébéar, Président du Conseil de Surveillance du groupe AXA. Il réitère le constat et avance 13 propositions dont trois sont plus particulièrement mises en avant : « respecter l’organisation de l’école en cycles d’apprentissage cohérents, revenir à une année scolaire plus ample et moins dense », « miser sur la qualité des enseignants pour faire progresser le système éducatif » et « mettre en œuvre une gouvernance efficace des écoles primaires et un pilotage effectif du système ».

Le second est l’œuvre de la Cour des comptes. Il est intitulé : « L’éducation nationale face à l’objectif de la réussite de tous les élèves » et est le fruit de deux ans de travail.

Les résultats de notre système scolaires sont peu satisfaisants écrit la Cour : « Le recul des résultats globaux de la France, qui se situe dans la moyenne de l’OCDE, s’explique essentiellement par l’aggravation des résultats des élèves en difficulté. » et elle ajoute : « La France est un des pays où les destins scolaires sont le plus fortement corrélés aux origines sociales : 78,4% des élèves provenant de catégories sociales favorisées obtiennent un baccalauréat général, contre seulement 18% des élèves d’origine sociale défavorisée. » Le rapport coût/résultats est mauvais, l’organisation du service des enseignants ne tient pas compte des besoins des élèves ni de l’évolution du métier, quant à l’organisation des parcours scolaires c’est peu dire qu’elle « prend insuffisamment en compte les besoins des élèves » tant au plan des rythmes scolaires qu’à celui de la construction et du suivi du parcours scolaire proprement dit. En fait, le système scolaire français est, depuis des décennies, fondamentalement inchangé : il reste géré très majoritairement par le haut, or la difficulté scolaire ne peut être solutionnée par ce rapport hiérarchique.

Les rapports se suivent et convergent : trop d’enfants en France sont victimes de la pauvreté et de l’inefficacité des politiques publiques...

Soumis par: Citoyen de demain
Publié le 19/04/2010 ;

La Fondation Abbé Pierre a publié son rapport annuel sur le mal logement en France et s’attache à en montrer les conséquences pour les enfants.

A l’occasion du 20ème anniversaire de la Convention des droits de l’enfant la Fondation procède à un inventaire des situations de mal-logement : le « non-logement », les situations d’hébergement chez des tiers ou à l’hôtel, la vie dans des structures d’hébergement collectives et les mauvaises conditions d’habitat (logement dégradé ou sans confort, surpeuplement). Elle montre les conséquences de chaque catégorie de mal-logement sur le développement et l’avenir des enfants qui y sont soumis. Avec ce rapport, on mesure à quel point le logement est devenu la pierre angulaire de la pauvreté et se trouve à l’origine de bon nombre d’entraves au développement et à l’autonomie future de l’enfant.


Le rapport 2009 de l’Observatoire National des Zones Urbaines sensibles établit que, dans ces zones, près d’un mineur sur deux connaît la pauvreté.

33,1% des habitants des ZUS (Zones Urbaines sensibles) vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit avec moins de 908 euros par mois, contre 12% pour le reste du territoire. Ce chiffre atteint 44,3% pour les moins de 18 ans. C’est d’ailleurs dans ces quartiers que la proportion de jeunes au chômage ou en inactivité est la plus élevée : deux fois plus importante qu’ailleurs. Dans les quartiers sensibles, un jeune sur quatre est au chômage ou en inactivité, alors que c’est le cas d’un jeune sur huit dans les autres quartiers des mêmes agglomérations. Un jeune habitant de ZUS a 1,7 fois moins accès à un emploi stable qu’un jeune des autres quartiers. Pour rétablir l’égalité avec les autres quartiers, la qualification ne suffit pas. A diplôme, sexe, origine du père et nationalité égale, un jeune habitant de ZUS aura 1,3 fois moins de chances de trouver un emploi stable qu’un habitant d’autres quartiers.


La Cour des comptes quant à elle recommande l’évaluation des actions éducatives et scolaires dans les quartiers sensibles qui ne semblent pas donner les résultats escomptés.

Le 3 novembre 2009, la Cour des comptes présente un rapport sur l’articulation entre la politique de la ville et l’action de l’Education nationale dans les quartiers sensibles. Cette articulation n’est pas parfaite mais la Cour note qu’en raison de la bonne volonté et du dialogue quotidien entre les intervenants locaux, les problèmes de coordination sont limités. Le rapport remarque pourtant que l’efficacité des différents dispositifs n’est pas suffisamment analysée, l’efficience est ainsi menacée par cette succession d’actions non évalués.

Par ailleurs, la Cour constate l’impact défavorable de l’assouplissement de la carte scolaire. En 2008, les demandes de dérogation ont augmenté de 29%. Des pertes d’effectif allant jusqu’à 10% pour certains collèges, face à des progressions allant jusqu’à 23% pour d’autres. 186 des 254 collèges « ambition réussite » ont d’ailleurs perdu des élèves. Pour ces établissements, cette baisse d’effectif se traduit par une augmentation des inégalités. Inégalités contre lesquels doit lutter la politique d’éducation prioritaire ?

« On pourrait y voir la conséquence de l’enclavement des ZUS, comme celle de l’absence de réseau personnel ou d’autres discriminations. » écrivent les auteurs du rapport.

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