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L’égalité des chances serait-elle un piège?

Soumis par: Citoyen de demain
Publié le 17/05/2010 ;

« Il n’est pas acceptable que, pour l’essentiel, les futures élites soient issues des élites et que les jeunes voués aux emplois les plus pénibles et les moins bien payés naissent dans les classes les moins favorisées… 50% des enfants de cadres et 5% des enfants d’ouvriers accèdent aujourd’hui aux classes préparatoires. »

Dans un long article publié dans Le Monde du 1er décembre le sociologue François Dubet interroge les notions « d’égalité des chances » et de « méritocratie scolaire » et montre comment cette image de la justice sociale qui s’est imposée à nous ne ferait en fait que perpétuer la rigidité et l’inégalité de la société.
En liant mérite individuel, réussite scolaire, diplôme et parcours professionnel nous instaurons un cercle vicieux qui incite les familles à accentuer la compétition scolaire afin d’accentuer les « petites différences scolaires qui feront les grandes différences sociales ». Ainsi en France où le poids des diplômes est élevé 40% du revenu des enfants est déterminé par celui de leurs parents alors qu’en Suède ce taux est inférieur à 20%.

Dans son dernier ouvrage « Les places et les chances » (Seuil) le sociologue poursuit sa réflexion sur les inégalités sociales à l’école et propose de lutter non pas pour l’égalité des chances mais pour l’égalité des places. Il ne s’agit plus de tenter de compenser les handicaps de départ, ce qui permet de justifier les inégalités d’arrivée dont chacun devient alors responsable pour son propre compte, mais de lutter contre les inégalités réelles c’est à dire celles qui existent à la fin de la compétition. L’école a son rôle à jouer dans cette lutte.

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