Gouvernements d’enfants et conseils d’élèves : l’enfant au cœur des démarches pédagogiques

Soumis par: Aide et Action et Inter-Mondes
Publié le 4/08/2011 ;

Groupe de travail pour la capitalisation autour de démarches pédagogiques incluant l'enfant - MBour

Gouvernements d’enfants, conseils d’élèves, etc. Autant de dispositifs mis en place pour améliorer la place de l’enfant dans l’école et tout autant de questions qui se posent autour de ces pratiques.

 

Dans quelles mesures ces dispositifs permettent-ils l’amélioration de la place de l’enfant dans l’école ? Au-delà de l’école, ces dispositifs permettent-ils également d’améliorer la place de l’enfant dans la société ?
 

Ne veut-on pas trop vite que l’enfant devienne « responsable », « autonome » et « acteur-citoyen » alors qu’il est encore largement en construction et que certaines de ces capacités ne peuvent, selon certains spécialistes, apparaître avant l’adolescence ?

De nombreuses questions auxquels Aide et Action cherche à répondre au travers d’un chantier de capitalisation des pratiques éducatives favorisant la participation des enfants (lancé en mars 2011 avec l’appui du F3E et en partenariat avec l’ASEM – Association Sénégalaise de l’Éducation Moderne). Depuis cinq ans, Aide et Action France et Aide et Action Sénégal mènent des projets visant à améliorer la participation citoyenne des enfants à l’école. Le croisement de ces pratiques éducatives, entre la France et le Sénégal, a permis de dégager des enseignements communs.

L’objectif de ce chantier est de mettre en lumière les démarches, outils, dispositifs, moyens qui permettent de rendre l’enfant autonome, acteur au cœur des espaces éducatifs, notamment à l’école, en tant qu’espace de vie et en lien avec son environnement. Un moyen de montrer comment cela se déroule en pratique et d’en distinguer les difficultés et contraintes éventuelles.

Six écoles contribuent à cette démarche de valorisation et de production de connaissances : trois écoles en France et trois écoles au Sénégal.

  • Ecoles au Sénégal : L’école Diamaguène (Mbour), l’école Saré Yéro Oussou (Kolda) et l’école Célistin Freinet (Dagana).


« A l’école de Diamaguène, entre 2003 et 2006 les taux de réussite au certificat d’étude sont passés de 45 à 91% » annonce Djibril Pouye, directeur de l’école. Son établissement a expérimenté le système de gouvernement scolaire : un président, des ministres, choisis parmi les élèves, par les élèves, sont en charge de plusieurs dossiers bien identifiés : la récréation, la résolution des conflits, ou encore l’environnement.

  • Ecoles en France (Val d’Oise) : L’école Jean Jaurès (Villiers-le-Bel), l’école des Bourseaux (Saint Ouen l’Aumône) et l’école Jean Baptiste Clément (Montmagny)


A l’école Jean-Baptiste-Clément, c’est la diminution de la violence scolaire qui a été la plus spectaculaire. « Il y a 7 ans, toute l’équipe enseignante avait quitté l’école, dépassée par les événements [ndlr : des comportements violents entre élèves]. Près de 7 ans après, grâce à la mise en place d’un dispositif de gestion coopérative de l’école, le climat est redevenu serein », explique Céline Hallais, enseignante.


Echange et bilan des actions

De contextes différents sont nées des solutions proches. Du Sénégal au Val d’Oise, les équipes pédagogiques se sont retrouvées sur la nécessité de mettre en place une gestion coopérative de l’école, la consultation des élèves, des gouvernements scolaires…

Dans un cadre sympathique et dans une atmosphère particulièrement ouverte et chaleureuse, les partenaires français et sénégalais du projet de capitalisation se sont réunis le 16 et 17 juin à Mbour au Sénégal. L’atelier animé par Inter-Monde a non seulement permis aux acteurs de l’éducation française et sénégalaise d’avoir des échanges riches et constructifs sur l’éducation du jeune citoyen, mais aussi de dégager quelques principes communs essentiels à leurs démarches pédagogiques :
-    « L’autonomie » comme la capacité à développer une pensée critique articulée au bien commun
-    « La responsabilité » comme la capacité à répondre de ses actes et à en assumer les conséquences
-    « La participation citoyenne » de l’enfant comme la capacité à participer aux activités et même aux décisions en connaissance de ses droits autant que de ses devoirs.

Quelles sont les difficultés rencontrées ? Aussi bien en France qu’au Sénégal des défis communs restent à relever :
-    Le travail d’équipe des enseignants pour assurer la cohérence pédagogique
-    L’appui des politiques éducatives en faveur des innovations
-    Une formation des enseignants intégrant les pédagogies alternatives dans la formation initiale et continue
-    Les contraintes des logiques de résultat qui laissent peu de place aux démarches d’apprentissages évaluables sur le long terme
-    L’implication et la participation des familles qui comprennent encore mal, n’adhèrent pas totalement aux objectifs ou n’apprécient pas les réalisations des actions


Pour aller plus loin :

A venir ! Un guide pratique et pédagogique destiné aux enseignants et professionnels de l’animation socio-éducative désirant se lancer dans le développement de ce type de dispositif sera disponible début 2012 sur Citoyen de demain.

Sénégal - France : Quelle est la place de l’enfant à l’école ?
Article sur le site d’Aide et Action
http://www.aide-et-action.org/ewb_pages/a/actu4695.php

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