L’éducation citoyenne est-elle un moyen de lutter contre la dévalorisation de soi et l’échec scolaire ?

Soumis par: soumis par Citoyen de demain
Publié le 15/10/2009 ;

Le discours ambiant sur le « mérite » et « l’égalité des chances » aurait-il trop bien réussi ?

Mercredi 23 septembre, à l’occasion de la 2ème journée du Refus de l’échec scolaire l’AFEV a présenté les résultats 2009 de son baromètre concernant le rapport à l’école des enfants des quartiers populaires.
Sur les 397 enfants interrogés 66% déclarent qu’ils n’aiment pas ou peu aller à l’école et 53% qu’ils s’y ennuient. 36% ont mal au ventre avant d’aller à l’école et 64% ne comprennent pas toujours ce que l’on attend d’eux. Dans ce cas, 44% des élèves ne sollicitent pas l’enseignant pour avoir des précisions et 20% continuent de travailler malgré tout. Au collège, les difficultés s’accentuent : rythme de travail, exigences des enseignants, locaux peu accueillants, difficultés avec les pairs (52%) conduisent 75% des élèves à déclarer qu’ils n’aiment pas beaucoup, voire pas du tout (25%), s’y rendre. Cependant 86% des élèves enquêtés sont d’accord avec l’affirmation « Le Collège est un lieu d’égalité entre tous les élèves ».

Au cours des débats organisés à Paris, François Dubet est revenu sur l’histoire du collège destiné au départ à ceux qui feraient des études courtes, aux enfants du « peuple » par opposition au lycée destiné aux enfants de la « bourgeoisie ». La Loi Haby de 1975 est venue bouleversé cet ordre en créant le collège unique. Ces propos font échos à ceux de la sociologue Marie Duru-Bellat sur le « mérite » et son corollaire « l’égalité des chances » qui seraient indispensables à nos démocraties occidentales pour justifier les inégalités de positions sociales. La société française a remplacé les positions liées à la naissance par celles liées à la réussite scolaire, plus « justes » renvoyant ainsi chacun à sa propre responsabilité et faisant fi de la reproduction sociale à l’œuvre dans l’école, comme du petit nombre de capacités qu’elle valorise.

Les années collège sont des années difficiles où l’on passe du statut d’enfant à celui d’adolescent, où les attentes des adultes changent mais pendant lesquelles l’adolescent reste avant tout un élève que l’on souhaite conformes aux attentes alors qu’il a tellement besoin de reconnaissance personnelle. L’estime de soi joue un rôle essentiel dans la réussite où l’échec scolaire. Pour Françoise Lantheaume un élève est en situation d’échec quand lui-même, ses parents et ses professeurs ne croient plus en sa réussite.

La lutte contre l’absentéisme et le « décrochage » doit-elle passer par l’introduction des méthodes managériales de l’entreprise au sein des lycées professionnels ? L’appât du gain peut-il être la seule source de motivation dans notre société ?

Nous savons tous que l’estime de soi se construit au jour le jour dans l’interaction avec les autres et l’image positive ou négative qu’ils vous renvoient de vous même et de vos actes. Alors, quel rôle pour l’éducation citoyenne dans le refus de l’échec scolaire ?

Les résultats 2009 du baromètre de l'Afev


L’ensemble des communications et des débats parisiens sont visibles sur :
Le site Curiosphère
Interview de Marie Durut Bellat au journal Libération

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