Combien de « petit Chose » dans nos classes qui passent inaperçus ?

Soumis par: Citoyen de demain
Publié le 12/04/2011 ;

« Hé ! vous, là-bas, le petit Chose !» Je lui avais
dit pourtant plus de vingt fois que je m'appelais
Daniel Ey-sset-te… À la fin, mes camarades
me surnommèrent « le petit Chose », et le
surnom me resta… »

Alphonse Daudet. Le Petit Chose.


Alors que les discours politiques et les médias se concentrent sur les violences irruptives, il existe à l’école une autre violence, moins spectaculaire mais non moins destructrice.

Combien d’enfants définitivement blessés par les discriminations, les moqueries, les « petites » violences dont nous n’avons pas conscience ou qui pour nous ne tirent pas à conséquences et dont nous pouvons, nous aussi, être les auteurs involontaires ?

L’enquête réalisée par L’observatoire international de la violence à l’école, première enquête de victimation réalisée au cycle 3 de l’école élémentaire auprès de 12326 élèves de 8 académies pour le compte de l’Unicef s’attache à ces « micro-violences ». Elle montre que si la très grande majorité des enfants se déclarent heureux à l’école et ayant de bonnes relations avec leur maître et leurs camarades, 11% d’entre eux sont cependant en souffrance.

C’est une lente mais très efficace érosion du sujet que provoque la violence discrète du harcèlement, comme une goutte d’eau qui tombe toujours au même endroit provoquant des désordres insoupçonnés de tout l’édifice: « ainsi par exemple pour quelque chose d’aussi courant que le fait d’avoir un surnom, 70% de ceux qui n’ont pas de surnom n’ont jamais peur à l’école contre 44% de ceux qui ont souvent ou très souvent un surnom. »

En conclusion l’étude rappelle les données de la recherche internationale sur les conséquences de long terme pour les harcelés comme pour les harceleurs et plaide pour une politique de prévention. « Le problème de la victimation répétée est aussi un problème qui ne peut se traiter par la clôture des établissements ou un traitement externalisé de cette forme de violence (par exemple par la police, quel que
soit par ailleurs l’utilité d’un partenariat avec cette institution) mais bien par une action interne quant à cette relation de domination ordinaire qui est au cœur de la vie des établissements scolaires….le harcèlement à l’école ne peut significativement diminuer qu’avec des actions de très long terme : violence en continu, il nécessite une action qui sache elle aussi prendre son temps. Elle ne saurait être soumise à un calendrier électoral. »




Un vivre ensemble plus harmonieux par unicef

 

Le rapport « ʺÀ l’école des enfants heureux… enfin presqueʺ, une enquête de victimation et climat scolaire auprès d’élèves du cycle 3 des écoles élémentaires » est en téléchargement sur le site de l’Unicef
http://www.unicef.fr/contenu/actualite-humanitaire-unicef/l-ecole-des-enfants-heureux-ou-presque-2011-03-29

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