mai 2010

Après les internats d’excellence voici les internats de la honte

Soumis par: Citoyen de demain
Publié le 6/05/2010 ;

Dans son discours prononcé hier devant les préfets, procureurs, inspecteurs d’académie et recteurs le président de la République a fait la liste des mesures qu’il entend mettre en œuvre pour lutter contre la violence et l’absentéisme scolaires.

Rien de nouveau. Tout cela avait déjà été annoncé par lui même ou son ministre à l’issue des Etats généraux de la sécurité à l'école. Une ligne politique claire : discipline et répression. Aux « méritants » les internats d’excellence, aux « fortes têtes » les internats de la honte.

Non mais alors ! Dans la maison France on ne mélange pas les torchons avec les serviettes.

Savez-vous quand a été aboli l’esclavage, qui est Victor Schölcher, combien de personnes ont été victimes de la traite...?

Soumis par: Citoyen de demain
Publié le 7/05/2010 ;

C’est le 10 mai qui a été retenu en métropole pour commémorer l’abolition de l’esclavage mais aussi se souvenir que ce n’est qu’en 2001 que la France, le pays des droits de l’Homme, a reconnu l’esclavage comme un crime contre l’humanité.

Cette question centrale du combat pour la dignité humaine est malheureusement toujours d’actualité.

Pour en savoir plus :

- Site du CIDEM :

« La mémoire de la traite négrière de l’esclavage et de leurs abolitions »

Ressources pédagogiques disponibles sur le site du CIDEM

- Site du Ministère de l’Outre-mer : « Le Comité pour la mémoire de l’esclavage »

La paresse est mère de tous les vices

Soumis par: Citoyen de demain
Publié le 11/05/2010 ;

En janvier, le Président de la République annonçait que la "mallette des parents", dispositif développé par l’académie de Créteil avec le soutien de Martin Hirsch alors Haut Commissaire à la Jeunesse pour lutter contre l’absentéisme scolaire serait proposée à d’autres académies.

Cet hiver, l’innovation était un devoir, cette innovation avait été évaluée par de distingués économistes et ses résultats étant positifs elle serait étendue. Voilà un raisonnement qui se tient !

En avril, le ministre de l’Education nationale réunit le gratin mondial de la recherche sur la violence scolaire. Tous ces chercheurs en accord avec les « hommes de terrain » concluent à l’inefficacité des mesures uniquement coercitives. Ils disent qu’il faut faire venir les parents à l’école pour que les enfants y viennent aussi. Que propose le ministre ? La suppression des allocations familiales pour responsabiliser les parents dont les enfants oublient le chemin de l’école ! L’innovation a été emportée par le vent du printemps !

Voilà un raisonnement difficile à suivre ! Quelle étape avons-nous raté ?
Et bien ! Mais oui bien sûr ! Que n’y avions-nous pensé immédiatement ! Il s’agit du lien entre absentéisme et violence ! Bien entendu …

"Les absentéistes ne sont pas nécessairement des délinquants. Mais ce qui est certain c'est que beaucoup de mineurs délinquants ont un problème avec l'école" nous dit le député Eric Ciotti auteur du projet de loi qui sera bientôt débattu à l’Assemblée Nationale.

Il est bien connu que la paresse est mère de tous les vices…

L’égalité des chances serait-elle un piège?

Soumis par: Citoyen de demain
Publié le 17/05/2010 ;

« Il n’est pas acceptable que, pour l’essentiel, les futures élites soient issues des élites et que les jeunes voués aux emplois les plus pénibles et les moins bien payés naissent dans les classes les moins favorisées… 50% des enfants de cadres et 5% des enfants d’ouvriers accèdent aujourd’hui aux classes préparatoires. »

Dans un long article publié dans Le Monde du 1er décembre le sociologue François Dubet interroge les notions « d’égalité des chances » et de « méritocratie scolaire » et montre comment cette image de la justice sociale qui s’est imposée à nous ne ferait en fait que perpétuer la rigidité et l’inégalité de la société.
En liant mérite individuel, réussite scolaire, diplôme et parcours professionnel nous instaurons un cercle vicieux qui incite les familles à accentuer la compétition scolaire afin d’accentuer les « petites différences scolaires qui feront les grandes différences sociales ». Ainsi en France où le poids des diplômes est élevé 40% du revenu des enfants est déterminé par celui de leurs parents alors qu’en Suède ce taux est inférieur à 20%.

Dans son dernier ouvrage « Les places et les chances » (Seuil) le sociologue poursuit sa réflexion sur les inégalités sociales à l’école et propose de lutter non pas pour l’égalité des chances mais pour l’égalité des places. Il ne s’agit plus de tenter de compenser les handicaps de départ, ce qui permet de justifier les inégalités d’arrivée dont chacun devient alors responsable pour son propre compte, mais de lutter contre les inégalités réelles c’est à dire celles qui existent à la fin de la compétition. L’école a son rôle à jouer dans cette lutte.

Rien ne va plus... mais il y a des remèdes!

Soumis par: Citoyen de demain
Publié le 20/05/2010 ;

Rapport après rapport, le constat de la difficulté de notre système scolaire à produire de la réussite s’étend. Du Haut Conseil à l’Education en 2007, aux enquêtes PISA, en passant par les rapports de l’OCDE, chacun s’accorde à dire que « rien ne va plus !».

Comment faire pour vaincre l’échec scolaire ou plutôt comment faire pour produire de la réussite scolaire ? Telle est la question. Deux rapports publiés à une semaine d’intervalle tentent d’y répondre.


Le premier est produit par l’Institut Montaigne un « laboratoire d’idées indépendant » fondé en 2000 par Claude Bébéar, Président du Conseil de Surveillance du groupe AXA. Il réitère le constat et avance 13 propositions dont trois sont plus particulièrement mises en avant : « respecter l’organisation de l’école en cycles d’apprentissage cohérents, revenir à une année scolaire plus ample et moins dense », « miser sur la qualité des enseignants pour faire progresser le système éducatif » et « mettre en œuvre une gouvernance efficace des écoles primaires et un pilotage effectif du système ».

Le second est l’œuvre de la Cour des comptes. Il est intitulé : « L’éducation nationale face à l’objectif de la réussite de tous les élèves » et est le fruit de deux ans de travail.

Les résultats de notre système scolaires sont peu satisfaisants écrit la Cour : « Le recul des résultats globaux de la France, qui se situe dans la moyenne de l’OCDE, s’explique essentiellement par l’aggravation des résultats des élèves en difficulté. » et elle ajoute : « La France est un des pays où les destins scolaires sont le plus fortement corrélés aux origines sociales : 78,4% des élèves provenant de catégories sociales favorisées obtiennent un baccalauréat général, contre seulement 18% des élèves d’origine sociale défavorisée. » Le rapport coût/résultats est mauvais, l’organisation du service des enseignants ne tient pas compte des besoins des élèves ni de l’évolution du métier, quant à l’organisation des parcours scolaires c’est peu dire qu’elle « prend insuffisamment en compte les besoins des élèves » tant au plan des rythmes scolaires qu’à celui de la construction et du suivi du parcours scolaire proprement dit. En fait, le système scolaire français est, depuis des décennies, fondamentalement inchangé : il reste géré très majoritairement par le haut, or la difficulté scolaire ne peut être solutionnée par ce rapport hiérarchique.

Printemps de l’Education

Soumis par: Citoyen de demain
Publié le 25/05/2010 ;

Du 25 au 29 mai 2010, le Conseil général du Val-de-Marne organise le « Printemps de l’éducation ». Une semaine de rencontres et de débats autour du thème de la réussite au collège qui s’organise autour de trois axes : l’exercice de la citoyenneté, le temps de l’adolescence et la parentalité.


Un moment de discussion pour réaffirmer la volonté politique éducative du département de lutter contre les inégalités sociales et territoriales. Tous les acteurs de l’éducation se rassemblent autour d’un même slogan : « Réussir, ils en sont tous capables ».

Programme complet

Pour ou contre l’enfance ? Des Etats générAux aux Etats générEux !

Soumis par: Citoyen de demain
Publié le 27/05/2010 ;

Organisés par le secrétariat d’Etat chargé de la famille, les Etats généraux de l’enfance ont eu lieu de mars à avril 2010. Ils se sont divisés en cinq ateliers : traitement de l’information préoccupante relative aux enfants en danger, le travail social, la prévention et soutien à la parentalité, les situations de précarité et les jeux dangereux, les jeux violents.

La jeunesse a été envisagée par ces Etats généraux comme un problème pour la société tandis que les familles ont été placées comme responsables des difficultés de leurs enfants. Cette logique négative et répressive n’apporte pas de réponse satisfaisante aux conditions des enfants en France.

Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU s’était déjà montré sévère avec la France et avec sa politique de l’enfance (juin 2009) qualifiée de « non-politique » par les Etats généreux. Le recours excessif aux mesures répressives à défaut d’autres solutions a notamment été pointé par le Comité.

En réaction à cela, l’idée des Etats généreux pour l’enfant a été lancée ! 80 organisations (collectifs, associations et syndicats) se sont réunies pour faire entendre leurs voix et pour soumettre leurs expertises au service des droits de l’enfant. Un bilan complet de la situation des enfants dans tous les domaines de leur vie a été dressé, puis analysé en rapport avec les politiques publiques et les dispositifs mis en place. Professionnels, familles, enfants ont ainsi pu énoncer, secteur par secteur, des propositions dans le Cahier de doléances en faveur de la cause des enfants dans le respect et dans l’intérêt des enfants et de leurs familles.

Ces Etats généreux ont donné lieu à un grand goûter hier, au jardin des Tuileries. A cette occasion le Cahier de doléances en faveur de la cause des enfants a été rendu publique. Ce cahier a été adressé par lettre ouverte au président de la République avec demande d’audience et présenté aux groupes parlementaires et aux associations d’élus locaux.